Alfred FEYDY, âgé de 53 ans en 1906, fait fonction de receveur buraliste à Lachapelle Gonaguet
(ainsi était orthographié, à l'époque, le nom de notre village).
La famille FEYDY était originaire de Montenceix et s'était installée à
la forge des Granges
depuis longtemps déjà. C'est là que naquit Alfred qui, en 1890 ouvrit une épicerie laquelle perdura
jusqu'en...2008 !
En 1907 déjà, le Conseil Municipal demande la création d'un poste de facteur-receveur... en vain.
La Chapelle, en effet, n'avait ni Agence postale, ni facteur et était desservie par Chancelade.
Ce n'est qu'en 1921 que le Préfet accorde la création d'une Agence postale tenue par un gérant.
C'est ainsi que, du 1er novembre 1922 jusqu'au 1er juin 1958, Irénée JANAILHAC assurera, en marge
de son métier de charron, à pied ou à vélo, le service de la distribution du courrier aux Chapelois. Il sera remplacé par
Michel JANAILHAC, son fils, qui arpentera la commune jusqu'à sa retraite, le 1er février 1986.
[ voir aussi
cette page ]
JANAILHAC, père et fils...
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Michel JANAILHAC distribuant le courrier
à Georges CHÂTEAUREYNAUD
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C'est en juillet 1923 que fut établie la première cabine téléphonique.
Mme JANAILHAC en sera la gérante, pour 250F de salaire annuel, et le père d'Irénée,
Raoul JANAILHAC sera le suppléant.
Cette cabine était située dans l'entrée de l'actuel Foyer Rural et dans le local de
l'actuel 3ème âge. Les PTT étaient alors une histoire de famille...
Les époux Janailhac tenaient aussi une épicerie. Leur cuisine séparait l'Agence et
l'épicerie...
En 1937, Madame JANAILHAC démissionne. La cabine téléphonique est transférée dans
le logement de Mme Germaine FEYDY, aux Granges, jusqu'en 1944, date à laquelle
Mme FEYDY recevra une indemnité municipale pour la remercier d'avoir assuré le fonctionnement
de l'Agence, gratuitement, pendant 7 années.
En 1944 donc, la cabine est à nouveau transférée dans l'entrée de l'actuel Foyer Rural
et est tenue par Jeanne SIMON, jusqu'en 1951.
En 1951, elle trouvera sa place dans le local de la Poste actuelle et sera tenue par
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Andrée LAFORCE de 1951 à 1958,
Jeanne PRIVAT* de 1958 à 1978,
Christiane SAVIGNAC de 1978 à 1989,
Nathalie DUSSAIGNE de 1989 à 1990,
Marie-Laure FAVRIT de 1990 à 1991,
Gisèle LAROCHE de 1991 à 2011,
et, depuis mai 2011, par Françoise PARINET, ancienne secrétaire de mairie de Mensignac.
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* Du temps de Mme PRIVAT, il n'y avait pas 10 postes de téléphone dans le village, aussi devait-elle
distribuer de nombreux télégrammes. Mais elle devait aussi être à son poste (c'est le cas de le dire !!!)
quasiment 24h/24. Aussi
profitait-elle de la présence de la secrétaire de mairie à l'étage pour s'absenter ! Elle faisait alors aussi
ses courses à la boulangerie et à l'épicerie, ou encore, jardinait un peu dans son jardin situé
à la place de l'actuel Foyer rural... Et c'est Arlette DUPONTEIX qui, dès que la clochette tintait, descendait
quatre à quatre les 25 marches de l'escalier pour aller servir le client, lui vendant généralement quelques timbres
ou lui permettant d'appeler quelque docteur ou vétérinaire au téléphone...
Ainsi autrefois se partageait-on le travail, sans calcul et se rendait-on service, naturellement...
En 2002, La Poste informe la municipalité de son intention de fermer l'Agence, le trafic étant
trop peu important... Est-ce la fin d'une aventure d'un siècle ?
C'est sans compter avec la volonté du Conseil Municipal de maintenir ce service public !
l'Agence postale devient communale à compter du 1er avril 2003...
et ce n'est pas un poisson !
Avec prise en charge du salaire de la gérante et sans modification d'horaire,
la Poste n'accordant plus qu'une petite subvention.
Ci-dessous quelques "héros" de l'aventure...
Irénée Janailhac
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Michel Janailhac
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Andée Laforce
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Jeanne Privat
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Christiane Savignac
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Marie-Laure Favrit
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Et pendant 20ans, en franchissant la porte de l'ancienne mairie qui est celle de l'agence postale actuelle,
vous étiez ensoleillés par l'accueil de Gisèle LAROCHE qui faisait tout pour vous servir au mieux !
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Mais le temps passe et apporte avec lui changements, voire chambardement...
Le 22 avril 2011, lors d'une réunion du Conseil municipal, le maire annonçait
le départ de Mme LAROCHE, remplacée par Mme PARINET...
Changement de personnel à l'Agence postale : Vous ne verrez plus votre postière habituelle
à l'agence postale du bourg. Celle-ci a décidé de prendre sa retraite que nous lui souhaitons longue et heureuse. Elle
sera remplacée, dans la même fonction et dans les mêmes conditions, par Mme PARINET qui a déjà assuré, en mairie, l'intérim
du congé de maternité de Aude ESCALE.
Conseil municipal du 22 avril 2011
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Le Conseil municipal rompt, par cette décision, avec 60 ans de tradition, puisque
depuis 1951, dans le local actuel, ce sont toujours des Chapeloises, connaissant bien leur village, qui assuraient
ce poste de service public à la Chapelle Gonaguet.
Certains pourront s'étonner qu'aucun appel d'offre n'ait été lancé et qu'on ait cherché dans le village voisin,
l'emploi qu'une Gonaguetoise aurait peut-être eu bonheur à trouver...
Nous avons posé la question à M. CORNUT, adjoint chargé du personnel :
"C'est du jour au lendemain que nous nous sommes trouvés face à cette situation. Dans notre projet de mettre
la Poste à la mairie, on trouvait intéressant d'avoir quelqu'un qui se trouvait aussi en compétence du secrétariat de
mairie. Mme PARINET est tout de suite opérationnelle."
C'est donc dans la fonction "employée d'agence postale" mais aussi de "secrétaire de mairie" que la nouvelle
fonction de Mme PARINET semble être définie.
La Poste à la mairie, voilà bien un changement majeur qui pourrait risquer d'avoir un impact sur la fréquentation de
l'agence postale... (voir plus bas)
J'emmène avec moi un très bon souvenir !
C'est ainsi que Gisèle LAROCHE nous quitte, sans vraiment nous quitter...
"J'aime le contact avec la clientèle et j'ai passé ici de très bons moments, c'est pour ça que je suis
restée si longtemps..."
Comme on voudrait que ce sentiment soit partagé dans le milieu du travail !
Gisèle avait une réelle compétence et elle avait du goût pour son métier.
"Vous savez, il n'y a pas que les timbres, il y a aussi le côté financier et c'est ce qui rend ce travail intéressant.
En ayant travaillé ici, je connais mieux les gens. Il n'y a pas de gens dans la rue à La Chapelle et je ne connaîtrais pas
grand monde en restant chez moi..."
Mais vingt ans, c'est long, et le moment est venu pour elle de tourner la page...
"Depuis quelque temps, 6 jours sur 7, je trouvais que c'était beaucoup. Et les contraintes du samedi matin me pesaient
particulièrement. Remarquez que c'est justement souvent le samedi matin que les Chapelois viennent chercher leurs
recommandés. Peut-être vais-je trouver l'hiver un peu long ?... On verra."
Un grand à Gisèle LAROCHE pour son amabilité sans faille, sa discrétion et sa
remarquable compétence. C'était un plaisir que d'aller à la Poste à La Chapelle !
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Et nous souhaitons la bienvenue
à Françoise PARINET
tout sourire dans son nouveau poste !
"Je reprends juste et il me faut un petit temps d'adaptation...
Mais j'aime le contact, ça devrait aller !"
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Deux mots encore concernant ce changement de lieu que M. CORNUT a annoncé.
Ce n'est pas une mince affaire car, au-delà de la seule habitude du lieu, c'est tout un contexte qui va changer.
À la Poste, les gens se rencontraient et échangeaient souvent entre eux, Mme LAROCHE peut en témoigner.
Cela arrivait fréquemment. Un lieu de rencontre, vivant. La discrétion, connue, de la postière faisait que les
gens pouvaient se parler librement.
Qu'adviendra-t-il dans un bureau partagé par plusieurs employées et mal insonorisé ? Cette part d'intimité propre au
milieu rural peut disparaître pour ne laisser place qu'à de la réserve et de la froide administration. À
l'inverse de l'attente de convivialité des Chapelois... C'est un risque.
Ce projet mériterait, je pense, un effort de communication pour bien expliquer les choses ainsi qu'une concertation
avec les utilisateurs. Par le biais d'une enquête par exemple. Les échos que j'ai pu recueillir sont, en effet, pour
le moins réservés. Le manque d'information n'aidant pas.
Une information municipale en date du 11 juillet 2011, sous forme d'un Email, précise :
"La confidentialité des actes tant au niveau de la poste que de la mairie, continuera
a être assurée par le personnel sur place dans les deux bureaux séparés."
À suivre donc...
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...et la suite est telle qu'on pouvait se l'imaginer : un bureau de poste dont le guichet ouvre sur le couloir
d'entrée de la mairie, lequel couloir sert à la fois de zone publique pour l'agence postale, de salle d'attente pour
la mairie, de zone d'affichage administratif, de lieu de passage (toilettes, escalier, cave...), de point Internet...
Le bureau de l'agence postale étant lui-même un lieu multifonctions avec le passage des employés de la mairie et
des élus, passage rendu nécessaire pour l'accès à la photocopieuse et aux clés en particulier.
Si le bureau de la mairie reste effectivement un lieu de confidentialité, et c'est heureux, la nouvelle agence postale
en est loin : c'est le lieu où tout se voit, tout s'entend, tout se sait, des achats de timbres aux dépôts de chèques,
en passant par les retraits de liquide...
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L'idée de réunir l'agence postale et la mairie offre des avantages, en particulier, pour les usagers, celui d'augmenter
l'amplitude des ouvertures de la mairie et de la Poste. Mais les locaux qui accueillent l'agence postale
n'ont pas été adaptés pour identifier l'agence en tant que telle et garantir un minimum de confidentialité pour ses
usagers. Une décision tournée vers les économies et la rentabilité.
Ici, à La Chapelle, comme dans les administrations et les entreprises aujourd'hui, l'économie est le maître
et l'humain relégué... Pour quelle société ?...
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Mais en attendant, nous aurons toujours le plaisir de croiser Jean-François, facteur de service et d'exception,
sillonnant nos routes chapeloises depuis des années, messager de nos peines et de nos joies, et aussi aujourd'hui,
hélas pour nos forêts, de nos pubs...
N'hésitez pas à lui faire signe sur son passage : il vous connaît bien !
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Ce panneau se trouvait dans la cabine téléphonique de la poste d'autrefois,
alors que la chique,
héritée de la première guerre mondiale,
était encore d'usage courant...

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